Nostalgie. Sentiment éc½urant et déprimant qui nous rappelle qu'avant, c'était mieux. Un peu comme une voix qui nous chuchoterait continuellement au creux de l'oreille que l'on a raté des choses, laissé passer des occasions, trop réfléchi parfois, que l'on a oublié de s'oublier. Pire encore, le regret. Sentiment qui justifie notre nostalgie. Qui lui donne un sens, une raison. Car si on se retourne vers son passé d'un air attristé, c'est forcément que l'on regrette, même si souvent on ne veut pas se l'avouer : « il ne faut jamais regretter », je suis la première à le dire, et la première aussi à ne pas m'y tenir.
Est-il humain de chercher le bon en chacun, parfois même au plus profond d'un être ? C'est vrai, pourquoi un individu serait-il foncièrement bon ? N'existe-t-il pas, comme dans les films, des hommes naturellement méchants ? Ne serait-il pas plus simple d'ailleurs, qu'il existe des bons toujours bons & des méchants totalement méchants ? Raisonnement quelque peu manichéen, il est vrai, mais une réalité tranchée aiderait peut être à y voir plus clair et à s'en tirer plus facilement, plutôt que de sans cesse chercher à « sauver sa peau ».
La nostalgie chez moi est un sentiment qui me rappelle qu'avant, je croyais que tout l'monde était beau et gentil et que l'utopie était à portée de main. Qui me rappelle que j'ai souvent cru, que je me suis beaucoup battue pour des vérités qui aujourd'hui n'en sont plus. La nostalgie aboutit toujours sur des regrets, des doutes et d'obscures pensées qui ravivent ces songes absurdes, ce songe absurde que je fais tant de fois. « Et si, et si ? »... Les hypothèses vont bon train mais les réponses ne viennent pas. Le doute subsiste, inlassablement, et j'ai beau mettre cela de côté, je sais qu'un bout de moi n'attend qu'une chose : une preuve, une expérience qui me donnerait enfin une réponse. Pouvoir enfin clore ce débat qui agite mon c½ur et ma raison et qui va finir par faire imploser l'un d'eux, si ce n'est pas les deux qui me lâchent.
Je n'ai la certitude de rien, et qui sait, ce que je m'imagine – malgré un prétendu instinct féminin qui me semble bien incertain – est peut être totalement insensé, voire absurde. Peut-être continue-je trop à croire qu'un rêve est réalisable ? D'ailleurs, est-il conseillé de penser que « quand on veut on peut » ? A en croire cette phrase, si l'on veut on est prêt à tout, et donc à trahir, à détruire, à faire subir. Dans un simple intérêt : le nôtre. Est-ce qu'un tel conseil peut être toléré dans une société déjà bien trop individualiste, égoïste et nombriliste ? Un tel credo doit-il être assimilé et mis en rigueur dans l'esprit des gens ? Peut être qu'en fin de compte, c'est la seule solution encore imaginable pour éviter de sombrer dans le regret, de se noyer dans le passé... « Marche ou crève ».
Aucune vérité n'existe, rien n'est affirmable. Tout est à refaire, à finir, autant que tout est à commencer. Inlassablement.